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L’abbaye. C’est vers 1215 que fut implantée à Jauchelette, actuel village de l’entité de Jodoigne, une abbaye de moniales de l’ordre des cisterciennes. Elle prit assez rapidement le nom de « La Ramée » en raison de nombreux bois qui recouvraient la région. Plusieurs auteurs croient ou admettent que cette abbaye fut préalablement implantée à Kerkom, non loin de Tirlemont, mais les moniales estimèrent que la région et plus particulièrement la nature du sol de Jauchelette seraient plus judicieux pour y établir un couvent, d’autant plus que Gérard de Jauche, seigneur du lieu et sa fille Aleyde ou Halwide elle-même abbesse de Nivelles leur offrirent de nombreuses terres dans la région. Autre raison qui influença sans doute le choix des moniales : la proximité immédiate de la Grande Gette et la possibilité d’y installer des moulins. Assez vite cette abbaye devint propriétaires de biens immobiliers, notamment dans les communes proches de Noduwez, de Perwez, de Glimes, de Ramillies d’Opprebais, de Bomal, de Rosières, de Marilles et de Taviers ainsi que dans des villages plus éloignés tels que Orsmaal, Spy, Corbais. Pendant les guerres de religion et sous Louis XIV qui avait décidément un tempérament belliqueux, les religieuses connurent des temps difficiles. Elles furent contraintes à l’exil dans leur refuge de Namur de 1577 à 1591 et à de nombreuses reprises entre 1632 et 1677. Lors de la première bataille de Neerwinden en 1693, l’abbaye fut complètement dévastée et pillée Pendant la bataille de Ramillies, en 1706, l’abbaye servit d’hôpital, mais déjà en 1705 Marlborough en fit le siège de son état major et ce n’est qu’au début de la période autrichienne que l’abbaye connut une nouvelle accalmie et une prospérité et ce jusqu’en 1796 quand elle fut, comme bien d’autres domaines religieux, déclarée bien national et fut vendue comme telle en 1799. Les moniales en furent expulsées. L’abbaye fut d’abord taxée pour une somme de 60.000 livres comprises dans la contribution du Brabant wallon. C’est un riche bourgeois de Nivelles, Adrien Desbille qui se porta acquéreur des bâtiments conventuels pour une somme de 24.000 Francs et de la ferme de l’abbaye pour 74.000 Francs. Ce qui caractérise cette abbaye, ce sont ses dimensions, notamment la cour ainsi que la grange de 49 mètres de long sur 22 mètres de largeur et dont le toit s’étend sur un hectare. C’est dans celle-ci que les produits de la dîme provenant des fermes de Piétrain, de Jandrain-Jandrenouille, de Mélin, de la Ramée, elle-même furent engrangés. Sa dernière reconstruction date de 1722. Cette date figure d’ailleurs sur un mur avec la devise virtutis odor. La population Il est malaisé de connaître le nombre d’ habitants d’un village au cours des âges. Dans les temps les plus anciens on comptait les maisons et les foyers, en vue d’une taxation. Ce n’est généralement qu’à la fin du XVIIème siècle ou au début du XVIII ème siècle que l’on obtient des chiffres assez fiables. Toujours est-il que Jauchelette a connu l’évolution suivante : en 1374 : 78 ménages – en 1436 : 42 foyers – en 1472 : 24 foyers – en 1492 : 8 foyers – en 1526 : 18 maisons – en 1673 : 20 foyers – en 1593 : 18 foyers – en 1668 : 28 foyers – en 1669 : 30 foyers – en 1686 : 22 maisons. Une telle variation en dent de scie provient des guerres et des épidémies. En 1709, on y comptait 118 habitants plus 65 à la Ramée. En 1784 le nombre d’habitants s’élevait à 338 personnes y compris à l’abbaye. En 1805 à 446 habitants ; en 1831, à 468 habitants ; en 1856 à 577 habitants. Au XXème siècle, la population a décru d’une manière constante pour passer de 434 habitants en 1910 à 290 habitants en 1976, date de sa fusion avec Jodoigne.
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